Lettre ouverte d’introspection (1)
- 19 oct. 2023
- 5 min de lecture
Quelle étrange sensation de retrouver le bruit du clavier lorsque le bout de mes doigts dansent sur chacune des touches.
Il y a bien longtemps que j’aurais dû écrire cette lettre, mais cela fait maintenant 5 bonnes années que je refoule mon semblant d’être.
Il est difficile d’être en parfaite harmonie avec qui nous aimerions être.
Il y a l’envie, le désir, le rêve, et il y a le moi, la réalité, la vraie vie finalement.
Tant de sentiments et de vérités refoulés, de passions bannies comme s’il m’était impossible désormais de les vivre avec la même intensité qu’il y a quelques années.
C’est dur de s’infliger à soi-même le « non » : « non, tu ne peux plus le faire, parce que… » « non, tu rêves ma pauvre.. », « non, pourquoi faire ? Dans quel but ? ».
C’est difficile de rogner ces petits riens qui finalement faisaient probablement ce que nous sommes.
ça m’a pris comme ça, écrire, reprendre ma plume, celle qui m’a sauvé dans des nuits trop sombres, celle qui a soigné mes maux, celle qui a guéri des peines douloureusement destructrices, voir indélébiles.
Bordel, j’avais oublié ce bien fou que cela faisait de poser un mot après l’autre.
Ces derniers temps, j’ai un tas de fragments de mon passé qui me hantent.
Probablement, qu’ils m’ont toujours hanté, d’ailleurs.
Mais dans cette quête du moi, que je peaufine avec soin depuis cet été et depuis ces derniers événements vertigineux, j’avoue que certains souvenirs refont surfaces et dérangent mon conscient inconsciemment, ainsi que mon sommeil profond.
Comme si, le passé venait nettoyer toutes ces mauvaises ondes pour fermer définitivement certains chapitres, permettant ainsi de me retrouver, de comprendre qui je suis, et ce que j’aimerai être.
Comme si, une prise de conscience réelle était nécessaire pour avancer.
Pourquoi j’écris « avancer » en gras ?
Simplement, parce que il est devenu mon maître mot du moment avec « vivre l’instant présent ».
Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais, il y a une éternité que je n’avais pas mis à nu mes émotions, mes pensées, à l’écrit.
Moi-même, je me surprends actuellement.
Vivre avec l’instant présent, n’est pas toujours évident, mais je vous assure, cela s’apprend.
Il est devenu mon meilleur sens, mon meilleur allié, ma meilleure boussole, encore un peu plus durant ces derniers mois.
J’ai retenu cette morale de ces événements vertigineux contre lesquels nous ne pouvons rien faire, n’y rien changer, ceux qui déstabilisent, ceux qui remettent tout en question.
Ceux qui vous donnent envie de tout foutre en l’air.
Je crois que cela fait du bien, parfois, d’imaginer ce que cela ferait de tout foutre en l’air, mais bien sur, cela manque cruellement de rationalité.
Etre rationnel, pourquoi ?
Pourquoi s’infliger tant de croyances limitantes ?
Je crois qu’aujourd’hui il faut cesser de cloisonner son esprit avec autant de limites sur soi.
Et pourtant, c’est ce que je fais depuis ces 5 années, et je n’en prends conscience que seulement maintenant.
Certains diront :
« Mieux vaut tard que jamais. »
Mais je réalise qu’en étant enfermée dans un moule aussi restreint, c’est à partir de ce moment précis que nous finissons par nous perdre.
Aujourd’hui, je vous confirme que je me suis perdue et que je me demande ce qu’est devenu mon moi.
Pas celui qu’on croit, mais celui que je suis.
L’âme d’artiste.
Cette âme avec laquelle je suis née, qui me faisait vibrer et lutter contre le reste du monde, contre vents et marées, celle que j’étais avec tant d’insouciance.
Celle qui a passionné et qui avait des rêves immenses totalement démesurées.
Celle qui croyait en elle et qui n’avait peur de rien, ni personne.
Celle que j’ai rejeté pour faire taire son manque de rationalité et répondre au moule, le temps d’un instant.
Ce moule que je déteste profondément, que je hais même, et qui empêche les gens de vivre une vie authentique, avec multiples défauts et dotée d'une palette de couleurs intenses.
L’âme d’artiste, celle qui me manque plus que jamais, à cause de ces croyances limitantes.
___
Je réalise un peu plus fort, un jour après l’autre, chaque jour, ce qui est vraiment essentiel en fin de compte.
J’ai renoué des liens cassés.
J’ai avalé la vérité des liens que je pensais sincères et qui finalement ne l’ont jamais été.
J’ai pris des vents en avouant mes blessures et mes sentiments les plus profonds.
J’ai pris conscience que certains rêves que j’avais, étaient en réalité, erronés.
Ils devaient donc désormais passer à l’attrape pour le bien de tous.
J’ai trié comme on trie ses déchets, le carton avec le carton, le verre avec le verre, et l’irrécupérable avec l’irrécupérable.
« Il n’en reste qu’un à la fin. »
De cette citation, j’ai appris qu’il fallait tracer sa route pour soi, avec soi, et qu’importe si notre âme navigue seule, elle seule saura faire de grandes choses.
Elle seule ira sur le droit chemin, celui pour lequel, elle mérite d’exister.
Plus que jamais, renouer avec des sens, des passions, avec les choses simples, est officiellement ma nouvelle mission.
Ecrire, en fait parti, comme bon nombre d’entre vous le savent.
Il y a quelques jours, certaines âmes ont osé et avoué ce qu’elles pensaient de moi.
Beaucoup m’ont dit :
« Lances-toi, tu as tellement de talent » ou encore « je n’ai aucun doute et je crois en toi, je sais que tu feras ce que tu aimes comme tu l’as toujours espéré ».
Des mots qui font du bien quand on est en quête réelle de soi.
Alors, pour une fois, j’ai été moins dure avec moi.
J’ai lâché prise et je me suis dit :
« Il faut prendre la réalité des choses en face de soi. C’est cela dont j’ai besoin, c’est cela que je veux faire depuis bien trop longtemps, c’est maintenant qu’il faut se lancer.
Pas pour faire plaisir aux autres, mais juste pour soi.
Parce que je le mérite. Et quoi qu’il en compte, parce qu’après tout, qu’est-ce que je risque ?
Rien. »
Alors, je me lance.
J’écris ces quelques phrases spontanément. Je sais que tout le monde s’en moque, mais, je le fais pour moi.
Je reste intimement convaincue que quelqu’un se retrouvera dans ces quelques mots.
Parce qu’après tout, chacun de nous est vivant, humain, et tout le monde s’est déjà perdu une fois dans sa vie, dans le doute, dans des addictions, dans des pensées sombres, ou encore dans des profondes remises en questions.
Je souhaite à n’importe qui de trouver le soi qui résonne en lui, réellement.
Pas celui qu’on croit, mais celui qu’il est véritablement.
Je veux vivre chaque moment intensément, faire ce que j’aime encore plus, arriver à en vivre, oui, parce que je reste convaincue, qu’il n’y a rien de mieux que de vivre chaque jour, avec ce qui nous anime secrètement.
Le plus important ne doit être uniquement : voir tout en grand.
Je pourrai continuer encore longtemps, mais ce sera tout pour ce soir.
Prenez soin de vous.
A suivre….
Anne-Victoire.
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