LIVE YOUR LIFE : Réponds-moi, Solitude.
- 12 janv. 2020
- 3 min de lecture

La nuit est tombée relativement tôt ce soir.
Le silence est roi sur la rapidité du temps.
Les heures passent.
Un goût amer de solitude plane sur ce paysage si noir et sombre, qui se trouve derrière ma fenêtre.
Un paysage familier.
Un calme plat.
Un coeur vide.
Et toujours des doutes permanents qui persistent à me pourrir la vie et mes choix.
On nous dit souvent que nous sommes maîtres de notre destin.
Que nous sommes les uniques créateurs de notre chemin de vie et de nos prises de décisions.
Mais il y a toujours ce doute, qui est là, qui a décidé de me ronger, à l'intérieur de ma poitrine.
Avoir peur de tout et de rien.
Avoir peur de la moindre fleur de nouveauté qui apparait soudainement sur le bord de la route.
Avoir peur pour rien, vous me direz.
Avoir peur du premier inconnu qui arrive de nulle part dans ma vie, et qui ne me veut que du bien, pourtant.
N'est ce pas injuste pour la personne en face ?
Pourquoi devrait-elle faire éponge de notre noirceur et de notre peine inguérissable ?
Pourquoi ne puis-je pas avancer à 100% comme je l'envisage depuis des mois ?
Pourquoi lorsque je me lève le matin, j'ai toujours une tâche noire, indélébile, sur la nouvelle page blanche qui vient de s'offrir à moi : une nouvelle journée.
Je regarde autour de moi, je me pose toujours les mêmes questions.
Je regarde les autres aussi.
Quand on est convaincue d'avoir fait du mieux qu'on a pu en temps et en heure, et qu'en fait on nous a simplement arraché les ailes une par une à la fin du chrono, on finit par accepter le fait que ce n'est pas nous.
Qu'on n'y est pour rien.
Qu'on n'est pas cet être empli de méchanceté gratuite, et que ce n'est juste que de sa faute à lui.
Pas la notre.
Qu'on ne mérite ni de souffrir, ni d'encaisser le mal être d'un être qui ne mérite ni notre temps, ni notre attention, ni notre peine, ni même notre pitié.
Qu'on a simplement échoué, encore une fois, dans cette nouvelle mission, mais que le temps continue de courir en parallèle.
Mais jamais aucune souffrance ne doit nous faire devenir quelqu'un qu'on a jamais été, ni quelqu'un de mauvais, ni quelqu'un qu'on n'a pas envie de devenir.
Alors pourquoi se faire du mal à réfléchir en permanence.
Pourquoi se lamenter sur son sort, alors qu'on a quasiment presque tout pour soi.
Pourquoi regarder derrière, alors que tout ce qui va se passer, se trouve devant nous, c'est-à-dire demain.
Simplement, parce qu'en fait, le silence qui sommeille en soi s'annonce parfois pesant et lourd, à peine cette nouvelle journée démarrée.
J'ai beau observé mon reflet au travers d'un miroir, pendant des heures parfois ; mais là, dans ce reflet, il n'y a juste que moi.
Moi.
Et moi, seule.
Que veux-tu encore solitude ?
Qu'attends-tu de moi ?
Pourquoi c'est toujours toi qui reviens à la fin de chaque histoire ?
Ce n'est pas la motivation, ni l'envie d'avancer qui me manque pourtant.
Ce n'est ni l'envie de réussir qui me manque aussi.
Alors pourquoi persistes-tu à revenir, comme si je devais payer le prix fort de cette seule partie de moi qui ne réussie pas ?
Pourquoi d'autres y arrivent, et pas moi ?
Et même si, ok, tu as décidé que je devais être victime de ta stricte exigence pendant un temps.
J'acquiesce, sans avoir trop le choix, je crois...
Mais dis-moi juste une seule chose :
Combien de temps vas-tu vivre ici, chez moi ?
Combien de jours, combien de mois, combien d'années, vas-tu dormir dans ma vie.
Réponds-moi simplement, puisque tu es toujours là, Solitude.
Anne-Victoire.
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